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Jansiac (4)

« ... Le nucléaire ou la bougie, disent EDF et les braves gens. Nous avons choisi de dîner aux chandelles comme dans les restaurants de luxe. Nous les fabriquons (400 dans la journée) par trempage comme les cierges des églises, à partir de paraffine qui est un sous-produit du raffinage du pétrole. Cette solution est donc provisoire pour nous, parce que non généralisable.

Nous avons étudié toutes les sources d'énergie existantes (sauf le nucléaire, allez donc savoir pourquoi) en distinguant énergies renouvelables c'est à dire nouveaux marchés, et énergies alternatives c'est à dire décentralisables. Les cellules photovoltaïques des multinationales, les éoliennes à 23000E et les chaudières à bois à 5000E ne sont pas alternatives, ni les microcentrales hydrauliques à 13000E (c'est le prix qu'un fabricant italien m'a proposé récemment pour une puissance de 4kW ; nous sommes en train d'en fabriquer une équivalente qui nous coûtera moins de 300E, génératrice et régulation comprises).

Nous avons donc opté pour la biomasse, qui est de toute façon la seule source décentralisable possible pour les transports. Mais sous quelle forme ? L'utilisation comme carburant de l'huile de colza ou de tournesol est une insulte à ceux qui ont faim, car la forêt demande 400 fois moins au sol que les champs pour produire la même biomasse. Le biométhane et les alcools causent une perte d'1/3 du carbone manipulé sous forme de dioxyde lors de la fermentation, ce qui diminue d'autant le rendement de la filière. Reste donc le bois.

Or les "lieux" de Sonn sont des sites boisés dans lesquels sont taillées des clairières cultivées. La proportion entre terres et forêts est d'environ 1 à 10. La forêt, habitat naturel des ruminants, est pâturée. Elle produit donc à la fois les protides animales (ce qui rend caduc l'argument classique des végétariens qui dit qu'il faut 7 fois plus de surface cultivée pour produire de la viande que pour produire des protides végétales), le bois d'œuvre (construction et mobilier), la chimie organique (on obtient par distillation du bois, simplement, environ 400 molécules différentes, semblables à celles qu'on tire du pétrole) et l'énergie, qui se trouve ainsi intégrée à la question agricole.

En fourrant un serpentin dans un poêle ou une chaudière qu'on relie à un vieux moteur de tondeuse à gazon transformé en machine à vapeur, accouplé à un alternateur, et en reliant l'échappement à un radiateur pour condenser la vapeur, on produit de l'électricité en se chauffant. Produire son électricité soi-même à partir du bois est donc à la portée de n'importe quel antinucléaire de base, à peu de frais. Ce qui supprimerait cette curiosité française : comme les pronucléaires sont minoritaires, ce sont surtout les antinucléaires qui financent les centrales en payant leur redevance EDF.... »
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# Posté le mardi 09 décembre 2008 09:24

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