Je vous remercie tous les deux, Coco et Laurianne, d'avoir saisi cette magie du hasard, qui donne tout de suite chaud au c½ur.
Plus nous descendions dans le sud, plus les nuages se faisaient rares. La brume, la pluie, ont cédé la place aux caprices du soleil. Les montagnes blanches et ocres de la provence, tapissées de pins, ont peu à peu composé notre nouveau panorama. Dans la vallée encaissée du Jabron, les falaises, au loin, prenaient quelques couleurs, ternies de temps en temps par l'ombre de nuages pressés.
Nous sommes arrivés en même temps que la nuit sur la route de Chateauneuf Miravail. Pour arriver à la communauté de Jansiac, la seconde étape de notre voyage initiatique, une route sinueuse de six kilomètres montait à 1000 mètres d'altitude et se présentait à nous comme un défi... très long. Le chemin de terre traversait les montagnes. Nous n'avions plus de provisions. Pourtant, les gens de la communauté étaient prévenus. Le vent frais ralentissait notre progression, la pluie s'annonçait. Nous avons été récupérés in extremis par un membre de la communauté qui remontait en voiture. Il était accompagné de C., qu'il était parti chercher à la gare de Sisteron. Sur la route, nous avons croisé une personne, partie pour nous chercher. Nous nous sommes tous réunis à ce que l'on pourrait considérer comme une entrée du domaine de de Jansiac, marquée superbement par un vieux camion militaire abandonné là. Nous avons changé de chauffeur, et A. nous a emmené. Il apparaît qu'à Jansiac, il y a trois groupes de gens, répartis sur tout le domaine. Deux groupes de trois et un groupe de onze. C'est dans ce dernier que nous dormons ce soir. Et nous nous endormons sous un magnifique ciel étoilé.
